La Première ministre sociale-démocrate Mette Frederiksen à Aalborg, lors des élections législatives au Danemark, le 24 mars 2026 ( Ritzau Scanpix / Henning Bagger )
La sociale-démocrate Mette Frederiksen s'est dite "prête à assumer" à nouveau le rôle de Première ministre du Danemark, en dépit du fort recul de son parti lors des élections législatives de mardi qui ont placé le bloc de gauche en tête mais sans majorité.
Avec 21,9% des voix, les sociaux-démocrates sont à leur niveau le plus bas depuis 1903, loin des 27,5% de 2022.
"Nous nous attendions à reculer, car c'est normal lorsqu'on se présente pour la troisième fois", a reconnu Mme Frederiksen, qui dirige le gouvernement depuis 2019. "Bien sûr, je regrette que nous n'ayons pas obtenu plus de voix."
Les cinq partis du bloc de gauche obtiennent 84 des 179 sièges de l'assemblée, en deçà donc de la majorité absolue. A droite, les six partis comptabilisent 77 sièges.
Je suis toujours prête à assumer les responsabilités de Première ministre du Danemark pour les quatre prochaines années", a souligné la dirigeante de 48 ans.
Les Modérés (centre) conduits par le ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen décrochent 14 sièges, et joueront ainsi un rôle décisif dans les négociations pour la composition du prochain gouvernement, qui s'annoncent ardues.
"Rien ne laisse présager qu'il sera facile de former un gouvernement", a reconnu Mette Frederiksen qui conduisait depuis 2022 une inédite coalition droite-gauche, incluant les Modérés.
"Venez nous rejoindre. Nous sommes au centre. Vous vous êtes précipités vers les extrêmes. Nous sommes toujours là", a lancé M. Løkke Rasmussen à ses anciens partenaires.
- Poussée de l'extrême-droite -
Le président des Libéraux, qui appartenait aussi à la majorité gouvernementale sortante, a lui exclu de collaborer à nouveau avec la gauche.
Pia Olsen Dyhr, présidente du Parti populaire socialiste, célèbre avec ses partisans la victoire après la publication des premiers sondages de sortie des urnes pour les législatives à Copenhague, au Danemark, le 24 mars 2026 ( Ritzau Scanpix / Liselotte Sabroe )
"Il y a désormais deux options évidentes pour le Parti libéral : soit nous obtenons un gouvernement de centre-droit, soit nous passons dans l'opposition", a dit Troels Lund Poulsen devant ses supporters.
A gauche, le parti populaire socialiste (SF) est devenu avec 11,6% des suffrages le deuxième parti du pays pour la première fois de son histoire.
"Nous devons essayer de garantir (le maintien de) l'Etat providence, nous devons essayer d'engager une transition écologique", a dit à la presse sa présidente Pia Olsen Dyhr. "Si nous n'y parvenons pas, nous n'entrerons pas au gouvernement, nous resterons dans l'opposition."
Morten Messerschmidt, chef du parti du Peuple danois, s'adresse aux journalistes après la publication des premiers sondages de sortie des urnes pour les élections législatives à Copenhague, au Danemark, le 24 mars 2020 ( Ritzau Scanpix / Sebastian Elias Uth )
Le Parti populaire danois, un parti d'extrême droite anti-immigration qui a longtemps pesé sur la politique danoise avant de chuter en 2022, a triplé son score, atteignant autour de 9,1% des voix.
"Tripler le nombre des voix est une expression remarquable du soutien du peuple danois à mon parti", a déclaré à l'AFP Morten Messerschmidt, le chef de cette formation, se félicitant des bons résultats de l'extrême droite en Europe.
- Groenlandais mobilisés -
Territoires autonomes du royaume danois, le Groenland et les îles Féroé disposent chacun de deux sièges au Parlement danois, des mandats susceptibles d'influer sur la majorité.
Aux Féroé, les électeurs ont reconduit leurs deux députés, un dans chaque camp politique.
Et deux nouveaux députés ont été élus au Parlement danois pour représenter le Groenland, dans le contexte de la crise qui voit le président américain Donald Trump désireux de s'emparer du territoire autonome danois.
Naaja Nathanielsen, ministre du Commerce, des Ressources minérales, de l'Energie, de la Justice et de l'Égalité, dont le parti social-démocrate IA est arrivé en tête avec 28,6% des voix.
Elle devra cohabiter à Copenhague avec Qarsoq Høegh-Dam, candidat du parti nationaliste Naleraq, défenseur d'une indépendance rapide vis-à-vis du Danemark, qui recueille 24,6%.
Une électrice entre dans l'isoloir avec ses skis pour voter aux élections législatives danoises à Nuuk, au Groenland, le 24 mars 2026 ( AFP / Florent VERGNES )
Dès l'ouverture des bureaux à 11h00 GMT, de longues files d'attente s'étaient formées à Nuuk, la capitale groenlandaise.
"Il s'agit des élections les plus importantes pour le Parlement danois et pour le Groenland de l'Histoire", avait déclaré à l'AFP le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen.
Son parti de centre droit, Demokraatit, arrive troisième avec 17,6 % des suffrages.
Au Danemark, pays prospère de six millions d'habitants, la campagne a surtout tourné autour du coût de la vie, l'Etat providence et l'environnement.
Le modèle de l'agriculture intensive danoise, particulièrement l'élevage porcin, a été au centre de la campagne.
Face à une extrême droite puissante depuis la fin des années 1990, il a aussi été question d'immigration, les sociaux-démocrates plébiscitant un nouveau tour de vis en la matière.
"Il existe toujours une très large majorité en faveur d'une politique d'immigration stricte au Danemark", a dit Mme Frederiksen lors de son discours.

6 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer